• Bonjour chères lectrices, chers lecteurs,

     

    Voici un conte écrit pour mon ami conteur Pascal Boilet, qui voulait lire un conte sur le "griffon", ce superbe animal fantastique. Inspiré d’événements personnels, je décida de raconter la vie de quelqu'un passionné par les griffons. J'espère que cet écrit lui plaira et vous plaira aussi. Je n'ai pas eu le temps de le relire car je voulais m'assurer de le publier vite et ne pas abandonner le brouillon dans un coin. Je manque de temps, ça doit se sentir dans l'écriture, j'espère que ça n'affectera pas trop le récit. 

     

     

    Le Vol du Griffon

     

    J'ai grandi dans la ville fortifiée de Griparn, cité de l'est sur la bordure de la grande plaine qui accueille notre beau royaume de Lorn. J'ai ainsi grandi à l'ombre de ses robustes remparts loin de la craintes des orques et des autres monstres peuplant les collines situés peu loin d'ici. Contrairement aux campagnards redoutant les attaques de ces bêtes cruelles, j'ai dès mon enfance était passionné par les monstres... Beaucoup trop au goût de mes parents ! Ceux ci étaient des teinturiers, ils gagnaient bien leur vie car ils teignaient des linges d'un bleu si profond et pur que leur réputation était grandissante dans tout le pays. Les draps semblaient prendre la couleur du ciel se reflétant dans la rivière où ils étaient traités. Enfin, ce conte ne parlera pas de draperie, mais grâce à ça, mes parents réussirent à m'offrir une bonne éducation et même un livre ! Je me sentais presque à l'égal de ses nobles dans ma vie de petit bourgeois, et je rêvais de devenir chevalier... Et pas n'importe lequel ! Un chevalier griffon ! En effet, Griparn a la chance de posséder une unité de griffonier. Les griffoniers sont de redoutables guerriers et peuvent délivrer des messages grâce à leur monture. On pouvaient les voir parfois s’entraîner dans le ciel, mais pour approcher ces soldats à fier allure et leur monture, il fallait attendre la fête de la moisson et son défilé militaire. Ainsi on pouvait voir ses animaux fantastiques de près. Ce corps de lion à moitié couvert de plumes, leur tête ressemblant à ceux des rapaces, leurs griffes et leur bec plus tranchants que des épées. Et même marchant au sol lors des défilés les ailes repliés, ils étaient incroyables ! Mon esprit de jeune garçon s'enflammait à leur vision. Quelles merveilles les murs de ma ville m'empêchaient de voir dans la vaste monde ? Quelle vue avait un griffon sur cette prison de hauts murs de pierre ? Je rêvais d'en chevaucher un et parcourir le ciel sur son dos.

     

    Je rentra dans la milice civile à mes dix-huit ans. La renommée de ma famille me permit d'avoir un poste d'officier, mais je me révéla être un piètre militaire ! Mon rêve de chevaucher un griffon s'envola à tire d'ailes. Au moins, je sortis des murs de cette maudite ville, je parcouru les villages avoisinants. Hélas, la vie de soldat est dure et courte. Un jour, je fus envoyer en urgence à la rescousses d'un village attaqué par une bande de gnolls venus les piller. Ma troupe n'était qu'une patrouille d'une trentaine d'hommes, ridicule face à une tribu de ses hommes hyènes enivrés par l'odeur du sang humain. On était bien sûr arrivés épuisés et bien trop tard. Des chevaucheurs de griffons étaient déjà là. Il était que cinq et avait fait fuir les monstres et en avait fauchés quelques uns. Les plumes et les serres des griffons étaient couvertes du sang des ennemis. Un des griffons avaient reçu plusieurs flèches et devaient être soigné. Malheureusement, je ne pus les approcher. On nous confia de nettoyer la zone, enterrer les cadavres des villageois et brûler ceux des pillards. Les gnolls sont des créatures plus proches des animaux que des humains, ils sont solides et bien battis. Mais au vu des blessures, je ne pouvais imaginer à quel point la charge des griffons fut monstrueuse. Un des corps avait eu la tête d'arraché et elle avait disparue. Beaucoup de corps lacérés par leurs serres. C'est ainsi que je pris conscience dans la dangerosité de ces créatures. Les cavaliers étaient aussi redoutable que la monture à la vue d'un corps coupé en deux par un violent coup de hache à double tranchant. Je laissa la tâche salissante de s'occuper des corps à mes hommes et continua d'observer les griffoniers avec envie. Je craindrai rien, ni personne si je possédais une telle créature. Mon envie de posséder un griffon devint encore plus forte. Je me serai ruiné et j'aurai ruiné ma famille avec un tel achat. Pourtant ça tournait à l'obsession. Je tenta d'obtenir des informations de la part des griffoniers, je me rendis compte que je pouvais peut être tenter de voler un œuf dans un nid et d'en élever un moi même... J'appris que les griffons vivaient dans les montagnes... c'était loin. Je quitta l'armée à la mort de mon père et reprit l'affaire familiale. Quelques années plus tard acquérais un petit domaine agricole et y fit construire un pigeonnier. J'ai eu du mal à obtenir l'autorisation du seigneur pour la construction de l'édifice … et se fut suspect que finalement je n'y éleva aucun pigeon. Mais cela me rapprochait de mon plan final … Trouver un œuf  ! J'aurai pu y envoyer des aventuriers téméraires, mais je préférai y aller moi même pour admirer ces chimères dans leur milieu naturel.

    Je recruta un chasseur du nom de Faror pour me guider parmi les terres sauvages. C'était un homme plus jeune que moi, j'avais à ce moment pas loin de la quarantaine, pourtant il semblait être plus âgé par des années de vie au grand air et à survivre dans ses terres remplies de monstres... C'était un touche à tout, chasseur, guide, mercenaire pour escorter les marchands des villages reculés dans les montagnes de l'est, mais des rumeurs le disaient capable de récupérer des œufs de dragon. Je le savais sûr très habile avec un arc, il gagnait tout les ans le concours de tir à l'arc de Griparn. Je l'avais abordé à ce moment là. Il était calme, silencieux, et malgré qu'il était dissimulé sous une grande cape, il m'inspirait confiance. Je le demanda de me guider dans les montagnes jusqu'à un nid en échange d'une bonne prime. Il accepta sans broncher ni marchander le prix. Je m'étais présenté comme un ancien vétéran, ça avait sans doute aidé à le mettre en confiance …

    Le voyage ne fut pas trop dur, c'était comme une très longue patrouille. Mon guide m'emmena jusqu'à un village des montagnes où on pouvait se baigner dans des sources chaudes. J'étais très hésitant à y perdre du temps, mais il m'y encouragea, sous prétexte de me reposer avant d'affronter la montagne sauvage. Je dois avouer que ce fut une bonne idée car éreintante fut la marche pour arriver à notre objectif. J'en pouvais plus d'avoir des pierres qui roulaient sous mes pieds et les arbres se faisaient de plus en plus rares. Je commençais à avoir envie de rebrousser chemin de et abandonner cette quête futile. Faror comme toujours restait patient, il savait que je ne serai pas déçu. En tout cas, quand je vis la silhouette dans un griffon volant vers le soleil avant de fondre en piquer quelque part dans la montagne, mon cœur fit un bon dans la poitrine. C'était une courte apparition, beaucoup trop courte, j'avais à peine réussi à le discerner. Mais le vol de l'animal me redonna du courage. Je redoubla d'ardeur dans ma marche, derrière les pas légers de mon ami amusé de mon enthousiasme. Il aimait les griffons lui aussi, il me raconta avoir était sauvé de quelques gobelins par l'apparition soudaine d'un griffon sauvage. La bête avait combattu à ses côtés et était partie avec l'un des cadavres pour le dévorer dans son repère. Faror se mit alors à les considérer comme des sortes de protecteurs et se mit à chercher les nids pour y déposer des offrandes de nourriture en signe d'amitié. C'était dans ce but qu'il se mit à chasser un mouflon. Je me suis dis que ça ferait un bon appât, lui un belle offrande. En tout cas, je ne trouvais pas l'idée stupide. Ainsi le griffon occupé, je pourrai dérober un de ces œufs. Le rôdeur me mena ensuite près d'un des nids. Il déposa la carcasse fraîchement chassée sur un gros rocher et poussa des cris comme pour appeler la créature. Il m'avait dit de rester caché derrière un rocher et d'attendre caché sous sa cape. Mais bien entendu, l'occasion était trop belle ! Je tenta de me faufiler vers le nid indiqué par mon guide. Faror se mit alors à crier dans ma direction de reculer, de ne pas faire ça. Je l'ignorai, il se mit à courir vers moi. Moi, j'étais à quelques pas du nid. J'allais y arriver quand soudain une grande ombre me survola déplaçant une telle bourrasque d'air que je manqua de m'envoler ! Je tomba à la renverse. J'entendis Faror crier, des « Non ! Non ! Non ». Quelque chose m'attrapa par les épaules, je fus soudain soulevé du sol et je me sentis tomber. Je n'ai pas eu le temps de comprendre, je perdis lors du choc. Je me réveilla dans un abri précaire dans la forêt. Faror avait soigné comme il pouvait d'impressionnante plaies au niveau de mes épaules laissé par les serres du griffon. Il avait fait une attelle pour ma jambe. Il ne me laissa trop le temps de comprendre qu'il me sermonna sur mon comportement. Je le remercia pour les soins et lui promit de le payer double pour m'avoir sauvé la vie. Je sais pas trop ce qu'il avait fait, mais j'étais encore en vie. Il avait construit un genre de brancard de fortune qui semblait pouvoir être soulevé par le dessus via de longues cordes. Un énorme mouvement d'air, le feu de camp fut soufflé et manqua de s'éteindre, je pris peur... Le griffon était de nouveau là, près à finir la besogne et me dévorer ! Dévoré par son animal favori, quelle ironie ! Mais il ne vint pas vers moi, il était en compagnie de Faror qui lui caressait la tête et murmurait des mots que je ne pouvais comprendre. Il vint me voir et me dit que les griffons était des créatures magiques, incarnation de l'écho du cri de l'aigle dans le hurlement du vent des montagnes. Qu'ils étaient très intelligents et les griffons sauvages comprenaient les anciens langages des premiers nés. Les premiers nés ? Il devait parler des Elfes. Je commença à me demander si je n'avais finalement pas été guidé par un elfe. En tout cas, Faror ne me dit rien de plus, son ultime aide fut de me transporter jusqu'au village des sources thermales. Et ce fut le plus beau cadeau. Depuis mon brancard, je pouvais admirer le ventre du griffon. Les grandes plumes du dos et des pattes laissaient place à un duvet très doux sous le ventre. Le vent de ses ailes n'avaient plus rien de terribles et terrifiants, elles glissaient sur les vents comme des feuilles glissent sur l'eau de la rivière calme. Je ressentis toute la beauté, la vie et la présence de cette fantastique créature. Mon désir de posséder un tel animal me quitta à tout jamais à quel point je me mis à les respecter et les considérer comme des êtres à part. « Les griffons sont nés de l'écho du cri de l'aigle dans le hurlement du vent des montagnes. » Lorsque mes blessures furent guéries grâce aux soins reçues par la gérante de la maison des sources, je décida de faire construire une maison pour moi dans le village avec un large balcon et de grandes fenêtres pour espérer voir le vol des griffons. Dans les montagnes se racontaient beaucoup d'histoires interdites dans le royaume de Lorn. Je décida de consacrer la fin de mon existence à leur transcription écrite dans la sérénité de ces montagnes. Je n'aurai jamais chevauché de griffon au final, mais grâce à Faror le Rôdeur, j'avais volé dans le vent avec lui. Faror se méfia désormais de moi. Il continua sa vie de son côté continuant à arpenter les forêts et les montagnes bien plus longtemps que ma plume dansa sur le papier. J'avais sans doute fait ici aussi la rencontre extraordinaire sans le savoir avec l'un de ces rares elfes errants.

     

    Il ne faut pas totalement réaliser ses rêves, mais les effleurer de manière à se laisser porter par leur vol parmi les songes.

     

    Écrit par Arthur Dauptain, ©Tous droits réservés.

     

     


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  • Je voulais écrire un écrit spécialement pour Halloween. Après avoir mis de côté plusieurs idées, je me suis rendu compte que j'avais envie d'écrire quelque chose avec des revenants. Mais narrer l'exploration d'une crypte par des aventuriers me paraissait trop classique et peu intéressant. J'ai finis par trouver une idée et écrire ce récit. Vu que c'était le récit spécial pour Halloween je ne me suis pas fixé de limite et je n'ai pas cherché à être positif. Le but de ce récit n'est pas de faire peur, mais de raconter une terrible nuit ... Enfin je vais pas vous en dire trop, je vous laisse découvrir par vous même, sinon ce n'est pas amusant ! Les prochains récits seront sans doute plus joyeux et moins sombres, du moins je l'espère. Je me suis lâché pour ce mois ci surtout. 

    Bonne lecture ! N'hésitez pas à laisser un commentaire ! 

     

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    © Dauptain A A Arthur, Tous Droits Réservés.

     

    Le Réveil d'une Ombre.

     

    Les légendes se transmettent au coin du doux foyer, de génération en génération parmi les villages humains paisibles. C'est une tradition, généralement ces histoires sont narrées au coin du feu avant que la saison froide commence. Toutefois, certaines légendes parmi les plus terribles furent oubliées. Elles n'étaient sans doute pas appréciées me diriez vous ? Non, ceux qui les connaissaient sont morts. Vous me direz, les humains sont mortels, il est naturel que certains disparaissent avec leurs secrets. Hélas, dans ce cas ci, c'est la légende elle même qui les a tués. Et la menace fut ainsi oubliée. Le secret demeura dans les tombes … Mais celui ci a décidé de resurgir.

     

    Il était bientôt minuit, la dame de la nuit éclairait une forêt de ses rayons d'argent. Un bois triste, morne, grisâtre. Elle avait succédé à un crépuscule rougeoyant de toute beauté. Les vieilles pierres d'un édifice oublié s'étaient parées d'un pourpre magnifique. Les rayons arrivèrent même à percer profondément à travers la structure. Le profond dédale qui avait rarement connu la moindre lumière depuis longtemps, fut parcouru de quelques maigres lueurs de sang. Une plainte rauque se fit entendre. Quelque chose qui montait la garde là avait perçu cette lumière.

     

    Les arbres frissonnaient alors que leurs branches étaient parcourus de bras de brume presque aussi tangibles que de la moire. De nombreux bruits métalliques se firent entendre, celui du fer qui frappe la pierre, comme si de nombreux mineurs tentaient d'extraire des gemmes de la nuit noire. Soudain un bruit d’effondrement se fit entendre, et un grand nuage de poussière provenant de l'ancien édifice se mêla au brouillard. De cet écran de fumées, surgirent des dizaines et de dizaines de silhouettes. A première vu, on aurait dit une petite armée qui s'assemblait. Mais qui en dehors des Nains pouvaient vivre sous terre ? Les créatures étaient trop silencieuses pour être des gobelins. Ils portaient des grandes armures en partie rouillées encore moins entretenues que celles des orques. Leurs étendards étaient défraîchis, pourris. Leurs déplacements n'émettaient que bruits de vieilles ferrailles et craquements sinistres. Ils s'organisaient en bataillons, tenant fermement leurs armes poussiéreuses de leurs mains osseuses. Un grand chevalier sorti de son château souterrain. Il passa en revue ses troupes sur le dos de son cheval dont il ne lui restait que son caparaçon usé pour lui servir de peau. Il observait ses troupes silencieuses. Son ost de morts vivants était prêt. Il brandit son épée en l'air et jeta son javelot dans une direction. L'armée de revenants se mit en marche dans la direction indiquée pour trouver des vivants à combattre et à tuer. Ainsi l'armée du seigneur liche s'agrandirait, enrôlant les dépouilles des ennemis vaincus.

     

    Il était un village humain nommé Salval à la frontière des terres civilisées. La commune était assez florissante grâce à ses deux activités principales, l'extraction du sel dans la Mine de la Colline Chauve et ses élevages de porcs. Elle n'était pas sous la coupe directe d'un seigneur Lornéen ce qui était très rare pour une bourgade si fleurissante. Le Maire de la ville avait su garder l'indépendance de sa communauté. Bien que les gnolls, ces humanoïdes canins stupides et puants, attaquaient les convois de marchands sur les routes, ils n'osaient pas affronter les petits remparts de la ville. C'était pas à proprement parler des remparts, plutôt des palissades conçues avec le savoir faire des charpentiers locaux. La vie y était dur certes, mais les habitants gagnaient bien leur vie. Et sans le savoir, ils allaient bientôt la perdre …

     

    L'armée des morts progressait à travers les landes sauvages, les animaux fuyaient à leur approche sinistre. Les défunts marchaient accompagné de la musique chaotique des métaux rouillés qui s'entrechoquent. Le temps coula tel une rivière, les revenants avançaient au même rythme, synchronisés comme des automates d'os. Ils ne connaissaient plus la fatigue et ils progressaient rapidement. Ils croisèrent la première habitation occupée par des vivants. Les bûcherons n'eurent à peine le temps de se réveiller et se rendre compte que des créatures défonçaient les portes et les fenêtres et s’amassaient autour d'eux, qu'ils finirent méthodiquement déchirés en pièces. Certains des guerriers sans armure se vêtirent des peaux de leurs victimes, d'autres écrasées sous leurs bottes de fer les organes étalés sur le sol de la petite demeure. Leur carnage finit, ils prirent les ossements de leurs proies et reprirent leur route. Ils progressaient en rang bien alignés, plus serviles que disciplinés. Après avoir avancés un moment, ils firent halte sous le couvert d'une forêt. Une forêt tout près de Salval. Le Seigneur Liche, n'eut pas besoin d'user du moindre son pour donner des ordres à ses soldats squelettiques. D'un geste de son épée, il détacha un petit groupe de ses serviteurs qui glissèrent discrètement en direction des fortifications.

     

    La garnison du village était assez nombreuse, mais ce soir là, il n'y avait que quelques sentinelles sur les murs. Les hommes ne s'attendaient certainement pas à une attaque autre que celle du vent froid et de la pluie. Recroquevillés dans un coin à boire de l'alcool et à discuter bas entre eux. Un jeune garçon sans expérience patrouillait sur le rempart avec une cotte de maille trop grande pour lui. Il était perdu dans ses pensées, mais il arrêta de penser à la fille mignonne de l'aubergiste, lorsqu'un bruit provenant du fossé, au pied du rempart, attira son attention. Ébloui par la lumière de sa torche et son manque d'expérience, il eut du mal à voir ce qui semblait bouger dans les douves. Il comprit trop tard lorsque qu'une flèche se ficha dans sa gorge. « Beuargh ! » Lâcha-t-il en crachant un flot de sang. Bien simples furent ses dernières paroles ainsi formées. Il tomba à la renverse au pied de la muraille, s’empalant en partie sur les pieux aux pieds de celle ci. Autour de son cadavre, les assaillants commençaient à escalader le bois du mur, s'aidant de lames rouillées. Deux de ces corps animés par la magie noire perdirent leurs prises sur le bois humide et glissant. Ils tombèrent et volèrent en éclats au contact du sol, mais les autres prirent pieds sur les remparts.

     

    Deux gardes installés dans une tour non loin entendirent le boucan et se regardèrent surpris. « Haha ! Je crois que le bleu s'est cassé le nez dans la fosse en tentant de pisser par dessus le rempart. » Ria l'un d'eux. L'autre, un borgne qui semblait avoir survécu à bons nombres de combats au vu des cicatrices sur son corps se leva. « Je vais voir. » Grogna-t-il. Il fut longtemps mercenaire avant de s'installer ici avec sa femme. Ses instincts affûtés le laissaient envisager une attaque nocturne. La vision que son œil unique vit le fit frissonner. « Par Lorn, c'est quoi cette chose ? » Hurla-t-il. Un squelette revêtu de la peau fraîche de l'un des bûcherons précédemment assassinés fonçait sur lui une courte épée levée. Aussi agile qu'un chat, le borgne bondit en arrière et agrippa sa hache à deux mains et éclata le crâne de l'abomination. Le sac d'os et de chairs ensanglantés s'écroula dans un fracas. Une flèche siffla près de l’œil valide du borgne. L'autre garde avait saisit son arc et avait rejoint son compagnon. Il vit les attaquants se jeter sur eux. En bas de l'escalier le borgne se servait du manche de son arme pour repousser l'ennemi. En haut de l'escalier, l'archer banda son arc et décocha une flèche. Il se mordit la lèvre en se rendant compte que ses projectiles étaient sans effets sur les monstres qui les attaquaient. « Je vais chercher des renforts » Cria l'archer avant de s'enfuir. « Ourgh ! Salopri ! Reviens m'aider sale pleutre ! » Rugit le guerrier tout en fauchant un autre de ses adversaires. « Fait chier, toujours avec des clampins ! » Jura l'ancien mercenaire en tentant de reculer pour reprendre position dans la tour. Une flèche vint se planter dans sa cuisse ayant déjà bien souffert au cours de ses précédent combats. « Argh ! Sac'd'os ! Je vais vous broyer les os ! » Les injuria-t-il. Il tenta d'infliger un grand coup de sa hache, mais l'escalier, ainsi que sa blessure à la cuisse fit qu'il tomba en avant sur ses adversaires. « Prend ça ! » Cracha-t-il en broyant un crâne avec ses mains. L'un des revenants en profita que le borgne était à quatre pattes pour le transpercer dans le dos. « Argh ! … Non … Pas … comme … ça... » Souffla le vieux combattant avant de s'écrouler.

     

    Une chasseuse se tenait un peu à l'écart d'un groupe de sentinelles gardant les portes. Elle vivait de la chasse dans les terres alentours, mais prenait de temps en temps un poste de réserviste le temps de quelques jours pour gagner quelques écus et profiter un peu de la civilisation. Elle vit l'un des ses collègues provisoires quitter la tour de garde en face d'elle en courant. Son sang ne fit qu'un tour. Elle était habitué à se protéger de tout un tas de monstres et d'attaques et elle pouvait sentir un danger. Le soldat était presque à porté de voix. « On … on ... » tentait-il de crier essoufflé et terrorisé. Il s'écroula brusquement, et elle vit des ombres qui semblaient descendre à leur tour du guet. Elle courut prévenir les quatre autres gardes. « Nous sommes attaqués ! » Leur lança-t-elle nerveuse. « Cours chercher des renforts ! » Lui ordonna un homme qui semblait être un gradé par son équipement de bonne qualité. Elle acquiesça, quitta les fortifications et se mit à courir vers la garnison du village. En rentrant dans le bâtiment, elle tomba sur la patrouille suivante en arme qui allaient prendre le relais. « Nous sommes ... attaqués ! La porte Est risque de tomber. » Réussit-elle à prononcer le souffle court. Les soldats furent surpris, mais n'hésitèrent pas un instant, ils se mirent en marche. Hélas, ils progressèrent trop lentement, et ne purent que constater que l'ennemi avait prit possession des portes de la ville et les avaient ouvertes. Un vent de panique parcouru les soldats. « La porte est ouverte ! » « Que se passe-t-il ? » « Merde … Regardez là ! Un corps ! » S’affolaient le groupe de gardes. « Gardez votre calme ! » Cria la jeune femme. Le gradé de la troupe la foudroya du regard, c'était à lui de donner des ordres. « Prenez position ! » Hurla celui ci. Les morts s’élancèrent et bien que courant avec quelques difficultés, ils commencèrent à franchir les portes et se ruer sur les gardes. Plusieurs recrues s'enfuirent. « C'est impossible ! » hurla une recrue jetant son bouclier et son épée pour courir plus vite. La rôdeuse écouta ses instincts de survie. Vu la débâcle, il y aura bientôt plus personne pour lui donner sa paye, elle prit la fuite.

     

    L'armée des cryptes envahissait Salval, commençant son massacre méthodique. Les morts détestent qu'on leur rappelle qu'ils sont morts. Les vivants leur rappelle leur condition de damnées de par leur simple existence. Alors ils les massacrent et récupèrent les cadavres encore frais pour qu'ils rejoignent leurs rangs silencieux. Tel était leur nouveau but.

     

    Dans l'auberge du village, la seconde fille du tavernier fut réveillée par des bruits de combats dans la salle au dessous où son père travaille. Elle se leva et décida d'aller voir. Mais au lieu d'une bagarre d'ivrognes, elle vit une bien horrible bataille. Elle poussa un hurlement de terreur en voyant son père se faire exploser le crâne par l'un des monstres. Sa grande sœur l'attrapa par la bras. « Vite ! Il faut se cacher ! » Li souffla-t-elle. Elle se laissa tirer par le bras, pétrifié de terreur. Sa sœur la déposa dans un coffre, ne trouvant rien de mieux pour la cacher. De justesse. « Grrooor ! » Rugit la créature qui avait éclaté le crâne de l'aubergiste avec sa grande hache. « Allez-vous s'en ! » Cria la grande sœur comme si ses menaces pouvaient terroriser un être sans sentiment. La taverne se remplissait des cris des suppliciés, mais soudain la fillette entendit un cri déchirant tout proche ... celui de sa sœur, puis un choc sur le coffre. Un liquide chaud coula entre les planches sur la petite chose qui était trop terrorisée pour pleurer. Elle entendit le son lourd d'un corps qu'on traîne et puis les bruits s'éloignèrent.

     

    Dehors le chevalier noir s'approchait d'un tas de cadavres ensanglantés avec sa monture. Il tendit sa paume osseuse vers les corps. Sa main sembla être traverser par une magie sombre émettant de faibles éclats violacés. Les cadavres se redressèrent avec difficulté. Il les regarda froidement. « Combattez ! » Leur ordonna-t-il d'une voix rauque. Ses nouveaux sujets partirent réaliser les ordres de leur nouveau maître avec lenteur. Guerriers squelettes et zombies continuèrent le saccage de Salval.

     

    La chasseuse s'était retranchée près du système ouvrant l'autre porte de la ville. Les soldats postés ici étaient descendus et tentaient de repousser l'ennemi, sans réussir à réaliser ce qui se passait. La jeune femme ne voulait pas ouvrir la porte pour pas se faire repérer, mais elle avait trouvé une corde qui lui sera utile pour son évasion de cet enfer. Elle noua la corde autour d'une poutre et vérifia sa taille. La corde donnait qu'à mi hauteur du mur. « Ça fera l'affaire. » Souffla-t-elle en essayant de se rassurer. Elle se laissa glisser le long de la corde, puis se laissa tomber. « Aïe ! Grrr, ce n'est pas de te casser une jambe ! » Se gronda-t-elle. « Allez, sauve toi » Continuez-t-elle de se parler pour se rassurer. Elle s’élança en boitant et se jeta dans un buisson le temps de souffler et vérifier ses blessures. La liche et ses hordes de revenants se retirèrent avant l'aube, laissant la ville en partie en flamme. Ils avaient récupérés tout les corps, seuls les ruines et le sang témoignaient de l'horrible massacre. Leurs troupes se dirigea vers la mine de sel et disparurent à l'intérieur.

     

    Trois semaines s'écoulèrent, les tours de guet abandonnées de Salval virent s'approcher une colonne de cavaliers arborant les bannières de Lorn. Le capitaine de la petite compagnie s'approcha des portes closes. « Ouvrez les portes ! » S'écria t'il, mais du haut des portes nuls réponses lui parvint. Il fit envoyer des éclaireurs et leur rapport l'inquiéta d'avantage. Les portes de l'Est étaient ouvertes et l'endroit semble avoir été pillé avec une brutalité sans égal. La troupe finie par pénétrer dans la ville dans un silence morne. « Où sont-ils tous passés ? » Murmura un soldat choqué de ne plus voir âme qui vive. Le capitaine stoppa sa monture. « J'ai jamais vu ça ... » S'exclama-t-il éberlué. « Séparez vous en plusieurs groupe et cherchez des survivants. » Ordonna-t-il à ses hommes sans grande conviction. Les hommes se séparèrent, le capitaine partit à la recherche de la caserne du village. Il finit par trouver le petit bâtiment en pierre, il n'avait pas brûlé mais quand le chef du détachement pénétra à l'intérieur, il comprit les armes avaient étaient pillés. Il se mit à fouiller les meubles renversés à la recherche d'archives ou d'indices. Il ne trouva rien d'intéressante, il prit le registre des membres de la garde avec tristesse pour au moins rapporter les noms des courageux combattants qui avaient perdus la vie dans les combats. Il fut rejoins par son porte étendard. « Capitaine, les hommes ont trouvés un survivant ! » Venait-il le prévenir. « Juste un survivant … ? » Demanda le capitaine. « Une jeune fille » Précisa le soldat. Le gradé sortit et vit un mercenaire faisant parti de sa troupe tenir dans ses bras une petite fille apeurée. Le guerrier posa la petite à terre et le capitaine s'agenouilla devant la petite. « N'ai pas peur, nous sommes envoyés par notre seigneur afin de savoir ce qui s'est passé ici, comment t'appelles tu ? Où sont les autres villageois ? » La questionna-t-il. « Morts … sont … morts … plein de morts... » Bégaya la jeune fille. « Papa … plein … plein de morts ... » Continuez-t-elle en tremblant. Le militaire ne comprit pas que la fillette voulait dire par « plein de morts » il pensa au massacre et non aux attaquants. Les morts vivants étaient très rares dans le royaume. Il y avait bien les draugars du Nord, mais l'empire de Lorn ne s'occupait pas des histoires des hommes du nord avec qui ils avaient cessés toutes relations. Il était un guerrier et bien que assez âgé, il n'avait pas eu d'enfant il ne savait pas vraiment rassurer la fillette. Il ne réussit à rien obtenir de la gamine traumatisée. Elle avait survécu en se cachant dans un coffre, la taverne avait par chance échappée à l'incendie d'une partie du village. Elle avait réussie à trouver de la nourriture pendant ce temps. Il n'en savait guère plus, la fille pleurait et arrivait à peine à parler.

     

    Les hommes ne se sentaient pas à l'aise dans un tel endroit. Ne pas comprendre ce qui s'étaient passés les terrifiaient. Le capitaine finit par donner l'ordre de reprendre les chevaux et de faire route pour faire leur rapport. Devant son seigneur, il expliqua que la communauté de Salval avait détruite par les orques. Ainsi les Lornéens restèrent dans l'ignorance de la véritable menace pendant encore un moment. Une menace parmi d'autres en soit, mais une terrible menace.

    Et l'ignorance de l'ennemi, peut entraîner la défaite.

     

     

    Écrit par Arthur Dauptain , © Tous Droits Réservés. 

     

    Le Réveil d'une Ombre

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  • Eh bien mes chers lecteurs, lectrices, si vous aviez lu les premiers chapitres d’"Épervier", vous êtes sûrement familiarisé un peu à un certain "Culte de Lorn". Non ? Alors tant pis, vous découvrirez la facettes de Lorn de quand il était encore un simple mortel ! Car oui, avant d'être un Dieu, Lorn était un Homme. Un simple et courageux mortel. Ici on parlera que d'une partie de son Destin. Nous sommes au Second Âge, les Démons envahissent le monde de part et d'autres pour l'asservir et le détruire ... Les Evenements que je vais vous narrer sont extraits des Archives Secrètes du Royaume de Lorn. Au Troisième Âge, seul quelques immortels se rappellent que fut un temps, il n'existait pas de "Dieu Lorn" mais il y avait bien un jeune homme judicieux qui s'engagea dans les batailles d'Ariel pour la gloire. Cette même gloire qui le mena à accomplir ces exploits dans l'histoire que vous allez ici lire désormais.

     

    Cette histoire fut laborieuse à écrire, mais j'en suis fier. A la base, on m'a demandé un conte parlant du courage des Hommes se déroulant dans une Nature merveilleuse et magnifique. Je ne sais pas si j'ai réussi mais j'ai fais de mon mieux pour atteindre ces objectifs et faire se dérouler l'aventure dans mon univers approfondissant le background sur l'historique de mon Royaume de Lorn.

    Assez parlé ! Bonne lecture !

     

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    Lorn était un Homme texte intégral

     

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